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Wangari Maathai, prix Nobel de la paix 2004 : planter des arbres contre la dictature

06/11/2026 · 3 min de lecture

Wangari Maathai, prix Nobel de la paix 2004 : planter des arbres contre la dictature

Le 8 octobre 2004, Wangari Maathai a appris qu’elle recevait le prix Nobel de la paix alors qu’elle se trouvait à Nyeri, dans sa région natale du Kenya. Avant de répondre aux journalistes, elle a planté un arbre, un flamboyant du Nandi. Elle était la première femme africaine distinguée par ce prix, « pour sa contribution au développement durable, à la démocratie et à la paix ».

Du Kenya au Kansas

Wangari Muta naît le 1er avril 1940 à Ihithe, un village des hauts plateaux du centre du Kenya, alors colonie britannique. Elle va à l’école, ce qui est rare pour une fille de sa génération. En 1960, elle fait partie des étudiants kényans envoyés aux États-Unis grâce à un programme de bourses soutenu par la famille Kennedy. Elle étudie la biologie dans le Kansas, puis à l’université de Pittsburgh.

De retour à Nairobi, elle soutient en 1971 un doctorat en anatomie vétérinaire. C’est la première femme d’Afrique de l’Est et centrale à obtenir un doctorat. Elle dirige ensuite le département d’anatomie vétérinaire de l’université de Nairobi, et se bat pour que les femmes enseignantes aient les mêmes avantages que leurs collègues masculins.

La ceinture verte

Au milieu des années 1970, des femmes rurales lui expliquent que les sources tarissent, qu’il faut marcher de plus en plus loin pour trouver du bois et que les sols s’appauvrissent. Sa réponse est simple : planter des arbres. En 1977, elle lance avec le Conseil national des femmes du Kenya ce qui deviendra le Mouvement de la ceinture verte. Les femmes font pousser des plants en pépinière et reçoivent une petite somme pour chaque arbre qui survit.

Selon le mouvement, plus de 51 millions d’arbres ont été plantés au Kenya depuis. Les réunions servent aussi à parler de droits, de gouvernance, de la façon dont les décisions prises à Nairobi touchent les villages.

Face au pouvoir

Ce travail la met en conflit avec le régime de Daniel arap Moi. En 1989, elle s’oppose à la construction d’une tour de 60 étages du parti au pouvoir dans le parc Uhuru, au centre de Nairobi. Au Parlement, des députés la traitent de folle ; les investisseurs étrangers finissent par se retirer, et le parc est préservé.

En 1992, elle rejoint au parc Uhuru des mères de prisonniers politiques en grève de la faim. La police les disperse, et elle est frappée jusqu’à perdre connaissance. Elle est arrêtée à plusieurs reprises au cours de ces années, et blessée en 1999 en défendant la forêt de Karura, menacée par des lotissements.

Députée, puis ministre

En 2002, après le départ de Moi, elle est élue députée de la circonscription de Tetu avec 98 % des voix, puis nommée vice-ministre de l’Environnement. C’est à ce poste qu’elle reçoit le Nobel. Dans son discours d’Oslo, elle a rappelé que de nombreuses guerres sont des guerres pour des ressources qui se raréfient.

Elle a raconté sa vie dans Celle qui plante les arbres (2007 en français). Elle aimait aussi raconter la fable du colibri qui, pendant un incendie de forêt, transporte de l’eau goutte à goutte et répond aux autres animaux : « Je fais de mon mieux. » Wangari Maathai est morte d’un cancer à Nairobi le 25 septembre 2011, à 71 ans.

© Photo : Kingkongphoto & www.celebrity-photos.com - CC BY-SA 2.0 (recadrée)

Sources

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