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Être une femme dans la tech en 2021 : la table ronde de Sista avec Stéphane Pallez, Clara Gaymard et Carole Juge

17/04/2021 · 3 min de lecture

En janvier 2021, le collectif Sista organisait sa première « Inclusive Hour » de l’année dans le studio du tirage du Loto, à la Française des Jeux. Autour de la table : Stéphane Pallez, PDG de la FDJ, Clara Gaymard, cofondatrice de Raise, Carole Juge, fondatrice de Joone, et Déborah Loye, de Sista. La question : pourquoi l’écosystème des start-up n’est-il toujours pas paritaire ?

Celles qui ont ouvert la voie

Stéphane Pallez se souvient de Christine Lagarde, qui l’a nommée à son premier poste de PDG, à la Caisse centrale de réassurance, en misant sur sa capacité à faire plutôt que sur ce qu’elle avait déjà fait. Elle l’a appelée le jour de sa nomination pour la prévenir : en tant que femme PDG, certains douteraient toujours d’elle. Son conseil tenait en peu de mots : croire en elle. Clara Gaymard raconte un ministre qui lui avait refusé un poste à Bercy « pour son bien », parce qu’elle avait neuf enfants et un mari ministre. Nommée ailleurs, à la tête de l’Agence française pour les investissements internationaux, elle est revenue le voir avec un contrat d’objectifs et a fini par gagner son respect. À l’époque, ses visiteurs la prenaient souvent pour l’assistante.

Carole Juge, docteure en littérature et ancienne comédienne, a fondé seule Joone, une marque de produits d’hygiène et de soin pour la femme et l’enfant. Lors d’une négociation, un homme très puissant a regardé pendant deux heures son collègue masculin à elle, même quand c’est elle qui parlait. Aujourd’hui, dit-elle, elle sortirait de la pièce. Une femme qui a du caractère passe vite pour « hystérique » ou pour « inspirante », sans entre-deux.

30 % de chances en moins

Déborah Loye rappelle les chiffres d’une étude BCG et Sista d’octobre 2019 : en France, les femmes entrepreneures ont 30 % de chances en moins de lever des fonds, et lèvent 2,5 fois moins quand elles y parviennent. Comme si, au Loto, une femme avait moins de chances de gagner, et touchait moins. La charte Sista engage les fonds à compter 25 % de femmes dans leur portefeuille d’ici 2025 : 56 fonds de capital-risque, 22 fonds de corporate venture et une cinquantaine d’accélérateurs l’ont signée. Pour la suite, Sista veut ouvrir son réseau aux fondatrices, travailler avec les fonds sur les biais cognitifs, aider les femmes investisseuses à progresser et continuer à publier des chiffres.

Quotas ou réseau ?

Carole Juge ne croit pas aux quotas, mais au mentorat et aux données. Stéphane Pallez rappelle que, sans la loi Copé-Zimmermann, les conseils d’administration n’auraient pas trouvé ce « vivier » de femmes qu’ils disaient introuvable. À la FDJ, elle s’est fixé un objectif : autant de femmes parmi les managers que dans l’entreprise. Il est atteint. Clara Gaymard a imposé une parité stricte chez Raise, dirigé à tous les niveaux par des binômes femme-homme, et voudrait des quotas jusque dans les comités de direction. Elle cite une étude menée chez Sodexo sur vingt ans : les équipes réparties à 40-60 obtenaient dix points de performance de plus. La diversité, dit-elle, n’est pas là pour réparer une injustice ; sans elle, on perd du talent.

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