« Je pense qu’avoir un corps féminin est un acte ouvertement politique. » Au Festival de Cannes 2025, Kristen Stewart présentait The Chronology of Water, son premier long métrage comme réalisatrice. Elle en parle avec Augustin Trapenard pour Brut.
Un récit de survie
Kristen Stewart a adapté le récit autobiographique de Lidia Yuknavitch, une histoire de deuil et de violences physiques et sexuelles, dont l’autrice s’est sortie par l’écriture. Le projet l’accompagne depuis près de huit ans. Pourquoi une histoire aussi dure ? « Parce qu’être une femme est une expérience très violente », répond-elle, même sans avoir vécu ce que raconte le livre. Les femmes, dit-elle, sont des « secrets ambulants » : on veut les voir, pas les entendre. Le film parle, selon elle, à tous ceux qui sont « ouverts et à vif ».
Ce qui la touche dans le parcours de Lidia Yuknavitch, c’est la capacité à transformer des choses laides en quelque chose avec quoi on peut vivre, et même en joie. Les histoires que l’on se raconte, dit-elle, sont ce qui nous relie et nous permet de continuer.
Filmer de très près
Elle a confié le rôle principal à Imogen Poots, une actrice de sa génération qu’elle considère comme la meilleure de son âge, capable de faire tomber ses protections « brique par brique ». Comme réalisatrice, elle cherche des acteurs « vivants », prêts à apprendre plutôt qu’à arriver avec un plan. Elle qui a commencé enfant devant la caméra voulait filmer au plus près de la peau : le film est « un muscle rose qui bat ».
La musicienne Kim Gordon, du groupe Sonic Youth, joue dans le film une figure maternelle. Réaliser, dit Stewart, permet de « concevoir un rêve et de le vivre ».
Une relation particulière avec la France
Cannes est pour elle l’endroit idéal pour relier les rêves au cinéma, une manière de voir le cinéma qu’elle trouve plus forte en France qu’aux États-Unis. Elle évoque, sans pouvoir le nommer, un prochain projet avec l’un de ses cinéastes français préférés, avec Vicky Krieps. Son vœu : gagner le droit de faire un autre film, puis un autre, pour continuer à « dire les secrets » que l’on n’est pas censé dire.