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Jane Fonda à Cannes : la France, le féminisme et le pouvoir du cinéma

05/06/2024 · 2 min de lecture

Habituée du Festival de Cannes depuis 1962, Jane Fonda était l’invitée de C à vous en mai 2024, à la veille de remettre le prix Lights on Women de L’Oréal Paris à une jeune réalisatrice. Elle y parle de la France, de son engagement et du pouvoir du cinéma.

Une Américaine en France

Jane Fonda connaît la Côte d’Azur depuis longtemps : mariée à Roger Vadim, elle vivait près de Saint-Tropez. Elle aime la langue française, les murs en pierre, les œufs brouillés… et ne reproche aux Français qu’une chose : des hommes « trop machos ». L’année précédente, elle avait remis la Palme d’or à Justine Triet pour Anatomie d’une chute, deuxième femme à la recevoir.

Un engagement né en France

Son engagement politique est né en France, en mai 1968. Simone Signoret l’emmenait à des manifestations contre la guerre du Viêt Nam, sans jamais insister pour qu’elle s’engage. Après avoir rencontré à Paris des soldats américains revenus du Viêt Nam, elle est allée frapper à la porte de la maison de campagne de Simone Signoret, qui lui a répondu : « Je t’attendais. » Dans une archive de 1978, elle disait déjà à Michel Drucker que « tous les films sont politiques ».

Elle raconte être devenue féministe sur un tournage : dans Klute, qui lui a valu son premier Oscar, en jouant une scène face à un homme sur le point de la tuer, elle s’est mise à pleurer en pensant à toutes les femmes tuées ou abîmées par la colère des hommes.

Faire passer un message

De Le Syndrome chinois, présenté à Cannes en 1979, à Neuf à cinq, elle a appris qu’un film à message doit choisir le bon style : pour parler de la condition des secrétaires, elle a fait venir Dolly Parton et choisi la comédie, plus efficace. Elle a aussi aimé jouer Nancy Reagan, dont elle ne partageait pas les idées. En 2019, elle a mis sa notoriété au service du climat avec ses manifestations du vendredi à Washington.

Elle vit seule aujourd’hui, après trois mariages, et savoure sa liberté. Son conseil aux jeunes réalisatrices : ne pas abandonner, malgré les obstacles. Les femmes voient la guerre, la pauvreté ou le climat autrement, et le cinéma a besoin de leur voix. Comme le dit un proverbe chinois qu’elle cite, les femmes portent la moitié du ciel.

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