Le 12 septembre 2023, Eva Longoria était l’invitée de l’émission « En aparté » sur Canal+. Elle y parle de Flamin’ Hot, le film qu’elle a réalisé, de son enfance au Texas, de Desperate Housewives et de son attachement à la France.
Flamin’ Hot, l’histoire d’un concierge mexicain-américain
Eva Longoria a grandi avec les chips Flamin’ Hot sans connaître leur histoire, celle de Richard Montañez, le concierge de l’usine à l’origine du produit. En la découvrant, elle a voulu la raconter. Comme lui, elle est mexicaine-américaine : « Aux États-Unis, on nous dit qu’on est mexicains, et au Mexique, qu’on est américains. On n’est jamais vraiment à notre place. » Elle admire sa ténacité face aux obstacles et pense que le film peut convaincre ceux qui se croient condamnés d’avance.
Elle réalise depuis une dizaine d’années et se sent naturellement à l’aise derrière la caméra. Le film lui ressemble, dit-elle : drôle, énergique, émouvant. Il a été projeté à la Maison Blanche, une première pour un film sur des Latinos, devant un millier de Latinos réunis sur la pelouse. Beaucoup pleuraient, raconte-t-elle, parce qu’ils se sentaient enfin vus.
Du ranch texan à Desperate Housewives
Elle a grandi dans un ranch. Son père refusait les restaurants : la famille mangeait ce que donnait la terre, au fil des saisons. Seule exception, une pizza une fois par mois, le jour de paie de sa mère, dont il fallait jeter la boîte dans la poubelle des voisins. Petite, on l’appelait « la Prieta fea », la petite brune moche. Ses sœurs étant « les jolies », elle a décidé d’être la drôle et l’intelligente.
En dernière année d’université, à court d’argent, elle s’inscrit à un concours de beauté doté de bourses en visant la quatrième place, qui payait les livres. Elle gagne, puis devient Miss Corpus Christi. Le prix comprend un voyage à Los Angeles, d’où elle n’est jamais repartie. En lisant le pilote de Desperate Housewives, elle pensait que la série ne marcherait jamais ; elle y a passé dix ans. Elle signerait tout de suite pour une suite, mais son créateur, Marc Cherry, estime qu’il n’y a plus rien à raconter. C’est sur Devious Maids, du même créateur, qu’elle a commencé à réaliser, pour contrôler davantage le résultat final et choisir à quoi ressemble un héros à l’écran.
Global Gift, L’Oréal et la France
Avec María Bravo, elle organise le gala Global Gift dans neuf pays. À Marbella, leur maison propose des thérapies à des enfants qui n’y ont pas accès ; elle en parle comme de l’œuvre de sa vie. Elle apprécie que L’Oréal parle d’estime de soi plutôt que de rouge à lèvres. Sa mère n’accordait pas beaucoup de valeur à la beauté, et elle non plus : la beauté ne la définit pas.
Elle se dit peut-être française dans une vie antérieure. Sa maison est toujours pleine d’amis, elle aime la Bretagne, la Normandie, Lyon, et même Limoges. Elle a acquis les droits de Dix pour cent pour en réaliser une version en espagnol.