Le 18 septembre 2023, Arielle Dombasle était l’invitée de l’émission « En aparté » sur Canal+. Actrice, chanteuse lyrique et réalisatrice, elle y présentait son film Les Secrets de la princesse de Cadignan, adapté de Balzac, et revenait sur un parcours qui va d’Éric Rohmer au Crazy Horse.
Une nouvelle de Balzac, un film ambitieux
L’idée vient du scénariste Jacques Fieschi, qui travaillait alors sur Illusions perdues : il lui a fait découvrir cette courte nouvelle de La Comédie humaine, que Balzac lui-même tenait pour un joyau. Arielle Dombasle y a été frappée par la modernité du regard porté sur les femmes, avant Freud et avant la sociologie. Elle joue la princesse, un « don Juan femelle » qui collectionne les hommes comme on fait défiler des profils sur une application de rencontre, jusqu’au jour où elle s’éprend d’un grand écrivain. À ses côtés, Julie Depardieu, Cédric Kahn et Michel Fau dans le rôle de Balzac. Elle voulait un film spectaculaire et grand public, et dit avoir mis des années à franchir une série d’obstacles pour le réaliser. Elle admire cette héroïne parce que c’est une combattante qui refuse le chemin des victimes, même si elle la trouve « diabolique ». Les deux amies du film découvrent qu’au crépuscule de leur vie, elles n’ont jamais connu l’amour.
Une enfance au Mexique
Élevée au Mexique, elle évoque un père sévère qui ne voulait pas d’une petite fille « chétive » et lui faisait faire de la plongée dès 9 ans : depuis, elle n’a peur de rien et fait ses propres cascades. Elle a perdu sa mère à 11 ans. Plutôt que Hollywood, elle a choisi la France, où vivait sa grand-mère, la poétesse Man’Ha Garreau-Dombasle, femme de diplomate et « citoyenne du monde », qu’elle décrit comme la personne qu’elle a le plus admirée. Végétarienne depuis l’adolescence, elle dit s’être donné très tôt pour mission de protéger les animaux.
De Rohmer au Crazy Horse
Ses débuts au cinéma, en 1978, dans Perceval le Gallois d’Éric Rohmer, aux côtés de Fabrice Luchini, ont demandé un an d’apprentissage du chant et des gestes. Elle a détesté se voir à l’écran, mais Rohmer lui a dit qu’elle était une « actrice de composition », et ils ont tourné ensemble plusieurs autres films. Bien plus tard, elle a joué la mère de Philippe Lacheau dans Alibi.com 2, convaincue que le rire est un art exigeant. En 2007, elle est devenue meneuse de revue au Crazy Horse, où elle chantait six chansons : une « mise à nu » abordée avec crainte, mais qui a connu un grand succès. Mariée à Bernard-Henri Lévy en 1993 à Saint-Paul-de-Vence, elle aime le surprendre : « Rien n’est jamais acquis. »