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Justine Triet : « Anatomie d’une chute », la Palme d’or et la campagne des Oscars

04/03/2024 · 2 min de lecture

Palme d’or 2023 pour Anatomie d’une chute, Justine Triet a reçu l’équipe de Beau Geste dans une église parisienne, en pleine campagne des Oscars. Elle y raconte une année qui a bouleversé sa vie, et la peur de ce qui viendra après.

Une réalisatrice superstitieuse

Élevée par des parents bouddhistes, Justine Triet trouvait les églises transgressives, et les aime comme décors de cinéma ; celle choisie pour l’entretien est celle où fut baptisé Molière. Ses récompenses s’entassent sur son piano, dans sa salle de bains, et parmi les jouets de sa fille. Très superstitieuse, elle ne s’est plus coupé les cheveux depuis plus d’un an, en attendant la fin de la promotion.

Un film plus radical

Un an plus tôt, elle terminait le montage. Elle a du mal à finir les choses, dit-elle, et Cannes lui sert toujours de point final. Elle craignait que le film, plus sombre et plus long que les précédents, avec des acteurs moins connus, ait encore plus besoin du festival. Elle prévenait ses partenaires : le film serait long et radical, et elle ferait peut-être une série ensuite « pour gagner de l’argent ». Au départ, il n’y avait que des thèmes : un chalet, une femme seule, un enfant, puis l’idée de disséquer un couple dans l’enceinte d’un procès.

Le film ne lui appartient plus

Le succès international l’a dépassée. Elle qui se dit rationnelle, toujours à répéter que la vie compte plus que tout, a passé l’année à constater que sa vie changeait. La campagne des Oscars ressemble selon elle à une campagne électorale, avec ses codes et son art du récit. Les réactions varient selon les pays : aux États-Unis, la majorité juge l’héroïne coupable ; en France, plutôt innocente. Partout, les spectateurs lui parlent de leur propre vie de couple.

Le scénario, écrit avec son compagnon Arthur Harari, n’est pas autobiographique : écrire sur un couple en crise permet plutôt d’« exorciser » des situations qu’on ne veut pas vivre. Seule femme nommée à l’Oscar de la meilleure réalisation cette année-là, aux côtés notamment de Martin Scorsese, Jonathan Glazer et Yorgos Lanthimos, elle dit avoir été bouleversée par Pauvres Créatures. Ce qui l’inquiète le plus, c’est l’après : réussir à refaire un film. Elle a deux idées, « un projet très cher et un projet pas du tout cher ».

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