Publié le 16 septembre 2026, le vingtième rapport mondial du Forum économique mondial sur l’écart entre les femmes et les hommes affiche un record : 69,2 % de l’écart est comblé. À ce rythme, il faudrait pourtant encore 120 ans pour atteindre la parité.
Le Global Gender Gap Report compare chaque année la situation des femmes et des hommes dans 145 économies, à partir de quatre domaines : la participation à l’économie, l’éducation, la santé et le pouvoir politique. Un score de 100 % signifierait une égalité complète. Le score mondial de 2026, 69,2 %, est le plus élevé jamais mesuré depuis la création du rapport en 2006. Le Forum qualifie pourtant ce progrès de « fragile ».
L’Islande toujours en tête
Pour la dix-septième année consécutive, l’Islande occupe la première place, avec 93 % de l’écart comblé. Viennent ensuite la Finlande, la Norvège, la Namibie, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, la Suède, l’Australie, l’Allemagne et l’Irlande.
La France fait partie des pays qui progressent le plus. Elle passe de la 35e à la 22e place, avec un score de 0,779. Parmi les pays du G7, elle se classe derrière le Royaume-Uni (5e) et l’Allemagne (9e), mais devant le Canada (24e), les États-Unis (47e), l’Italie (83e) et le Japon (117e). L’Inde est 131e.
Moins de femmes à la tête des pays
Le domaine politique reste le plus en retard. La part des pays dirigés par une femme a atteint un pic en 2022 et elle est retombée à son niveau de 2016. Le nombre de postes ministériels occupés par des femmes a augmenté de 26 % depuis 2008, mais leur présence dans les ministères les plus influents n’a presque pas bougé.
Le contraste avec l’éducation et la santé est net : dans ces deux domaines, beaucoup de pays approchent de la parité. Les États-Unis l’atteignent pour l’éducation, mais l’indicateur qui mesure le nombre d’années passées par une femme à la tête de l’État y reste à zéro.
Les postes de direction et l’intelligence artificielle
Dans l’entreprise, les femmes occupent moins d’un poste de directeur général sur cinq dans le monde. Aux États-Unis, la parité dans les postes d’encadrement supérieur a reculé de près de 11 points depuis 2006.
Le rapport s’arrête aussi sur l’intelligence artificielle. Près de 1 000 milliards de dollars y ont été investis dans le monde, mais moins d’un ingénieur en IA sur cinq est une femme. Les métiers qui façonnent les outils de demain restent donc très majoritairement masculins.
« Pas inévitable »
Saadia Zahidi, directrice générale du Forum économique mondial, rappelle que la parité n’a rien d’« inévitable ». Pour aller plus vite, explique-t-elle, les gouvernements et les employeurs doivent s’inspirer des politiques qui fonctionnent et les appliquer plus rapidement.
Les chiffres de 2026 montrent qu’un pays peut gagner beaucoup de places en peu de temps, comme la France. Ils montrent aussi que rien n’est acquis : la représentation des femmes au sommet des États a reculé en quatre ans. Pour les femmes nées aujourd’hui, l’égalité complète resterait, à ce rythme, une affaire de plusieurs générations.
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