On la connaît pour Alias, 30 ans sinon rien ou Juno. Depuis près de dix ans, Jennifer Garner mène aussi une seconde carrière, loin des plateaux : cofondatrice et directrice de la marque de Once Upon a Farm, une entreprise d’alimentation bio pour enfants, elle a vu la société entrer à la Bourse de New York en février 2026.
Une introduction en Bourse observée de près
Le 6 février 2026, les actions de Once Upon a Farm ont commencé à s’échanger au New York Stock Exchange sous le symbole OFRM. Le prix d’introduction avait été fixé à 18 dollars, au milieu de la fourchette annoncée de 17 à 19 dollars, ce qui valorisait l’entreprise à environ 724 millions de dollars. Le premier jour, le titre a terminé en hausse d’environ 17 %.
Le chiffre d’un milliard de dollars, souvent repris sur les réseaux sociaux, mérite une précision. Certains médias avaient évoqué cette estimation avant l’opération, et la capitalisation s’en est approchée dans les semaines qui ont suivi les débuts en Bourse. Mais l’entreprise a été introduite sous la barre des 800 millions, et sa valeur tournait autour de 685 millions de dollars début octobre 2026. Le parcours reste remarquable : peu de marques d’alimentation infantile nées d’une idée de parents arrivent jusqu’à Wall Street.
L’opération était aussi un test pour tout un secteur. Les introductions en Bourse de marques de grande consommation se faisaient rares, et les analystes ont suivi celle-ci comme un indicateur de l’appétit des investisseurs pour ce type d’entreprises.
Une histoire de petits pots frais
Once Upon a Farm a été fondée en 2015 par Cassandra Curtis et Ari Raz. L’idée de départ est née d’un manque : Cassandra Curtis ne trouvait pas, dans son supermarché, de purées pour bébé aussi nutritives et pratiques que celles qu’elle aurait voulu donner à sa fille. La marque mise alors sur un produit encore rare : des gourdes de fruits et légumes bio pressés à froid, vendues au rayon frais plutôt que stérilisées pour être conservées à température ambiante.
En 2017, deux nouveaux cofondateurs rejoignent l’aventure et y investissent. John Foraker, ancien patron d’Annie’s, une marque bio rachetée par General Mills, en prend la direction générale. Jennifer Garner devient directrice de la marque. Ce n’est pas un simple parrainage : l’actrice, mère de trois enfants, entre au capital, porte la marque au quotidien et siège au conseil d’administration.
De la gourde au rayon snacks
Pendant plusieurs années, l’entreprise reste centrée sur les purées réfrigérées pour les tout-petits. À partir de 2023, elle élargit sa gamme : barres à l’avoine réfrigérées, en-cas et céréales soufflées pour bébés en 2024, barres moelleuses, puis barres protéinées au rayon frais en 2025. En juin 2025, les gourdes ne représentaient plus que 68 % des ventes, contre 94 % deux ans plus tôt.
La croissance est forte. Selon les documents publiés avant l’introduction en Bourse, le chiffre d’affaires annuel est passé d’environ 8 millions de dollars en 2018 à plus de 200 millions sur les douze mois achevés fin juin 2025. Près de 2 800 réfrigérateurs à l’effigie de la marque sont installés dans les magasins américains. L’entreprise, qui est une B Corp et une société à mission, n’est en revanche pas encore rentable : elle affichait une perte nette d’environ 48 millions de dollars sur la même période.
Une célébrité qui travaille
Le rôle de Jennifer Garner dans ce succès est difficile à mesurer, mais il est réel. Selon les données de l’entreprise, un tiers des clients découvrent la marque par le bouche-à-oreille, et la visibilité de l’actrice auprès des parents américains y contribue. Sur Instagram, elle anime depuis des années une série de vidéos culinaires sans prétention, où elle cuisine dans sa propre cuisine. La même simplicité se retrouve dans la façon dont elle parle de Once Upon a Farm.
Ce qui la distingue de nombreuses célébrités devenues entrepreneuses, c’est la durée. Elle a rejoint une jeune pousse inconnue il y a près de dix ans, a accompagné les années difficiles et la lente construction d’un réseau de distribution, sans en faire un argument permanent. Son engagement pour l’enfance ne date pas d’hier non plus : elle soutient depuis longtemps Save the Children, dont elle est administratrice aux États-Unis.
Ce qui vient ensuite
Désormais cotée, Once Upon a Farm doit convaincre chaque trimestre. Elle reste exposée au coût des fruits et légumes, dont une partie vient du Mexique et d’Amérique du Sud, et aux droits de douane. L’argent levé doit servir à rembourser des emprunts et à investir dans l’outil de production. Pour Jennifer Garner, l’enjeu est ailleurs : montrer qu’une actrice peut être prise au sérieux comme dirigeante dans un secteur où l’on attend rarement les stars d’Hollywood.
© Photo : Gage Skidmore - CC BY-SA 2.0 (recadrée)