Le 29 septembre 2026, au palais royal de Rabat, le roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement et l’a chargée de former une équipe. Avocate de 50 ans, ancienne maire de Marrakech, elle devient la première femme à occuper ce poste au Maroc.
Sa nomination suit la victoire de son parti, le Parti Authenticité et Modernité (PAM), aux élections législatives du 23 septembre. Le PAM, formation de centre droit qu’elle dirige comme coordinatrice nationale depuis février 2024, est arrivé en tête avec 97 sièges sur 395 à la Chambre des représentants. La participation, de 38 %, a été la plus faible depuis près de vingt ans.
Une majorité bâtie en deux semaines
Sans majorité absolue, Fatima Ezzahra El Mansouri devait trouver des alliés. Le 12 octobre, quatre partis ont annoncé leur alliance : le PAM, l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Ensemble, ils réunissent 207 sièges, au-delà des 198 nécessaires. Le Rassemblement national des indépendants d’Aziz Akhannouch, chef du gouvernement sortant et partenaire du PAM jusque-là, n’en fait pas partie.
Le 16 octobre, le roi a nommé le nouveau gouvernement : 32 membres, dont sept femmes en comptant la cheffe du gouvernement. Le PAM obtient dix postes, l’Istiqlal six, l’USFP cinq et le PPS trois. Les autres membres viennent de l’administration ou de l’université, sans étiquette partisane. Première tâche : déposer le projet de loi de finances 2027 avant le 20 octobre. Comme le prévoit le système marocain, les grandes orientations des secteurs stratégiques restent du ressort du roi.
Marrakech, à 33 ans
Née le 3 janvier 1976 à Marrakech, Fatima Ezzahra El Mansouri a fait ses études dans des écoles françaises de sa ville, puis son droit à l’université de Montpellier. Avocate, elle a fondé un cabinet spécialisé dans les transactions commerciales et immobilières.
Elle rejoint le PAM dès sa création, en 2008. L’année suivante, à 33 ans, elle devient la première femme maire de Marrakech. Son élection est d’abord annulée par un tribunal, puis rétablie en appel quelques semaines plus tard. Elle siège ensuite à la Chambre des représentants de 2011 à 2021.
En 2021, elle retrouve la mairie de Marrakech après le succès de son parti aux élections locales. La même année, elle entre au gouvernement d’Aziz Akhannouch comme ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. En février 2024, elle prend la tête du PAM.
Une première, et des attentes
Le Maroc a déjà connu des femmes ministres, ambassadrices ou maires de grandes villes. Jamais encore une femme n’avait dirigé le gouvernement. Sa nomination intervient dans un contexte exigeant : une participation électorale faible, une coalition nouvelle à faire vivre pendant cinq ans et un budget à présenter immédiatement.
Avec sept femmes sur 32 membres, son gouvernement reste loin de la parité. Mais le symbole compte : pour la première fois, c’est une femme qui présentera au Parlement la politique du gouvernement marocain.
© Photo : Anfas Press - CC BY 4.0 (recadrée)