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Amanda Tapping : « Je ne me vois plus comme une actrice »

30/10/2026 · 5 min de lecture

Amanda Tapping : « Je ne me vois plus comme une actrice »

« Je ne me vois plus comme une actrice. » Dans l’épisode 371 du podcast YVR Screen Scene, publié le 21 septembre, Amanda Tapping retrouve son amie la journaliste Sabrina Furminger pour plus d’une heure et demie de conversation. Elle y parle de son Leo Award, de l’abandon du nouveau Stargate, des auditions à distance et du livre sur la santé mentale qu’elle vient d’achever avec des fans.

Un Leo pour un théâtre des horreurs

Amanda Tapping venait de terminer en juin la saison 3 de Murder in a Small Town, qu’elle réalise et produit à Gibsons, sur la Sunshine Coast de Colombie-Britannique. On n’y accède qu’en ferry, mais ce n’est pas une île : les habitants y tiennent tant qu’on y trouve un autocollant « Not an island ». Toute l’équipe loge sur place, quatre mois pour les techniciens, six pour elle, entre soirées karaoké et feux sur la plage. Les figurants viennent souvent de la ville.

Son Leo Award de la meilleure réalisation récompense « Masterpiece », un épisode de la saison 2 centré sur un tueur en série amateur d’art joué par Noah Reid. Le scénario prévoyait un final dans une carrière. Elle a proposé un entrepôt : ce personnage aime l’opéra et construit son propre Enfer de Dante, il lui fallait une scène. Avec le chef décorateur Justin Ludwig, elle a installé des gradins, des tableaux et, face à la scène, les barils contenant ses victimes, disposés comme un public. Elle raconte tout cela avec un grand sourire, parce que c’est du jeu.

Persuadée de ne pas gagner, elle n’avait pas préparé de discours et a oublié de remercier du monde. Elle tient à ces prix de l’Ouest canadien, souvent négligé par les récompenses de l’Est.

« Il fallait choisir »

Quand on lui demande son métier, elle répond désormais qu’elle est réalisatrice. Elle dit regretter parfois de ne plus jouer, mais elle a fait ce choix après Stargate et un rôle récurrent dans Supernatural. « Je sais que cette industrie est dure pour les femmes, surtout en Amérique du Nord », explique-t-elle. Elle approche des 80 épisodes réalisés.

Elle dit avoir gagné en confiance, un mot qu’elle n’osait pas prononcer, et cette confiance la rend plus ouverte aux idées de chaque département. Sa formation s’est faite sur le tas : Stargate, puis Sanctuary, qu’elle assimile à un doctorat. Cette série-là, tournée avant l’ère du streaming, ne lui a pas rapporté d’argent. Les salaires ont été différés, et ses associés et elle y ont laissé leur chemise.

Le bêtisier et la série abandonnée

Un extrait de Stargate SG-1 circule de nouveau en ligne : sur le tournage de « Solitudes », dans un studio réfrigéré, elle improvise une tirade contre Richard Dean Anderson, qu’elle traite de « Mr. McUseless » avant de lancer : « Mon Dieu, je suis coincée sur un glacier avec MacGyver ! » Ils se connaissaient encore peu. « Je me suis dit : je viens peut-être de perdre mon travail. » À midi, il ne lui avait toujours pas adressé la parole. Elle se réjouit surtout que de jeunes spectateurs découvrent la série.

Le nouveau Stargate commandé par Amazon à Martin Gero a été abandonné en juin. Il ne prévoyait pas le retour de Sam Carter, mais elle se disait ravie pour lui, et le tournage se préparait en Angleterre. Selon Variety, Amazon craignait que la série ne touche pas au-delà des fans. Elle juge ce raisonnement « idiot et insultant » pour un public fidèle depuis près de trente ans.

Crier dans le vide

Elle s’emporte surtout contre les auditions filmées à domicile, restées la norme depuis le Covid. « Ça me met tellement en colère », dit-elle : les acteurs doivent gérer lumière, cadre et partenaire de lecture, sans savoir si quelqu’un regardera leur vidéo. Elle cite un post d’Emilie Ullerup, sa partenaire de Sanctuary, montrant 40 auditions en mosaïque. Ses grandes amitiés sont nées dans les couloirs de castings à Toronto, et elle pleure cette communauté. Pour elle, les vidéos ne servent ni les acteurs ni les productions.

Un livre écrit par les fans

Embracing Mental Health as a Fandom est né pendant la pandémie, avec des ateliers en ligne organisés avec The Companion. Elle pensait aux personnes que le confinement avait isolées. Elle précise qu’elle n’est ni médecin ni thérapeute. Les ateliers ont grossi jusqu’à occuper des samedis entiers, puis un livre a été proposé, fondé sur des récits de fans. Au moment de l’enregistrement, il était à la reliure.

Devant ces textes, elle s’est sentie hypocrite de ne pas livrer davantage, et elle a fini par se montrer plus franche. Demander de l’aide ne lui a jamais été facile. Dans une période difficile, Sabrina Furminger et Nicole Oliver sont venues la trouver à Granville Island pour lui dire que les amies demandent de l’aide. Elle dit aujourd’hui que c’est bon de laisser sortir ce qu’on porte.

Elle porte au cou un petit harmonica, dont elle se servait avec son directeur de la photo pour annoncer la fin d’une scène. Elle en a acheté 200 pour l’équipe. Quand la saison 3 s’est terminée, à trois heures du matin sur le port de Gibsons, plusieurs sont sortis des poches.

Écouter l’épisode 371 de YVR Screen Scene (en anglais)

© Photo : Objectif Festival (Paris Manga, 2022)

Sources

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